Rentrée de septembre : deux rendez-vous pour apprendre à préserver son énergie jusqu’aux prochaines vacances

Les vacances nous ont permis de récupérer. Très bien. Mais si nous reprenons le même rythme et les mêmes habitudes, nous recréons rapidement les conditions qui nous avaient poussés à couper. La performance ne repose pas sur l’effort seul : elle dépend de notre capacité à alterner engagement et récupération.

Les vacances nous ont permis de récupérer. Très bien. Mais si nous reprenons le même rythme et les mêmes habitudes, nous recréons rapidement les conditions qui nous avaient poussés à couper.

Dans la newsletter de juin, nous explorions une idée simple : la performance dépend aussi de notre capacité à alterner engagement et récupération. La rentrée invite donc à réfléchir moins à notre énergie du moment qu’à la manière de la renouveler dans les prochaines semaines.

La régulation devient un vrai sujet de leadership

Ce sujet n’est plus une affaire de bien-être. C’est une question de management.

Dans une chronique récente Les Echos intitulée L’art d’équilibrer effort et récupération au cœur d’un leadership soutenable, Tessa Melkonian, professeure et directrice du Leadership Institute d’emlyon business school, et Thierry Picq, professeur à emlyon business school, posent très clairement le problème.

Dans des environnements instables, exigeants et saturés de sollicitations, beaucoup de dirigeants finissent par tenir davantage par tension que par équilibre.

Leur approche est très concrète : gérer son agenda non seulement en fonction du temps disponible, mais aussi de son énergie ; réduire certaines réunions ; limiter le multitâche ; positionner les sujets complexes au moment où l’on dispose réellement des ressources nécessaires ; mais aussi réintroduire des pauses, du mouvement, de la respiration et de vrais moments de récupération. C’est une compétence de leadership.

Reconnaître les signaux avant que la fatigue s’installe

Cette compétence commence par une attention plus fine à ce que nous ressentons. Une respiration qui se raccourcit pendant une réunion. Des épaules qui restent tendues après un échange difficile. Une agitation qui persiste alors que le sujet est terminé. Une attention qui se disperse, ou la sensation de devoir pousser davantage pour accomplir une tâche habituellement accessible.

Ces sensations ne constituent pas, à elles seules, un diagnostic. Elles peuvent toutefois nous inviter à observer ce qui s’accumule au fil de la journée. Avons-nous changé de posture ? Pris un moment à distance des écrans ? Laissé une transition entre deux situations exigeantes ? Ou avons-nous simplement poursuivi, en attendant que la pression retombe d’elle-même ?

Apprendre à récupérer commence aussi par cette capacité à repérer plus tôt le besoin d’un ajustement. Quelques minutes de marche, une pause au calme ou un mouvement confortable peuvent offrir un premier point d’appui. Elles ne remplacent ni le sommeil, ni les congés, ni une charge de travail soutenable. Leur intérêt est de redonner une place à la récupération au cours de la journée.

La récupération doit aussi trouver sa place dans l’organisation

Cette attention individuelle reste néanmoins fragile si chacun doit négocier seul les conditions qui lui permettent de récupérer.

Un manager peut encourager ses collaborateurs à faire des pauses. Si les réunions débordent systématiquement et que toute demande appelle une réponse immédiate, l’organisation transmet une consigne différente.

Dans notre article de fin juin, nous proposions de revoir un standard devenu presque invisible : la réunion d’une heure. Passer à des réunions de 50 minutes au lieu de 60, ou de 25 minutes au lieu de 30, permet de réserver des temps de transition. Encore faut-il les préserver, sans y ajouter aussitôt un nouveau point rapide.

Pourquoi ne pas commencer par là en septembre ?

Choisir une règle avec son équipe. L’appliquer pendant quelques semaines. Puis regarder ensemble ce qu’elle change : les réunions terminent-elles à l’heure ? Les pauses existent-elles réellement ? Chacun peut-il davantage bouger, souffler ou préparer la séquence suivante ?

La récupération devient possible lorsqu’elle trouve une place dans les règles du travail.

Cette démarche relie l’expérience individuelle à l’organisation collective. Elle rend concret ce que nous appelons l’infrastructure humaine : les conditions qui soutiennent notre capacité à décider, à coopérer et à agir dans la durée.

Le 29 septembre : apprendre du sport de haut niveau

C’est cette réflexion que nous prolongerons le 29 septembre 2026, au Centre Sportif de Normandie, dans le cadre de la semaine Campus Normandie Sport.

Nous réunirons des experts du management, du mouvement, de la performance humaine et du sport de haut niveau autour d’une question : qu’est-ce que l’entreprise peut apprendre des environnements sportifs de haute performance ?

Dans ces environnements, la préparation ne se limite pas à l’effort demandé à l’athlète. Elle intègre la récupération, la coordination, les états physiques et mentaux, les conditions d’entraînement et le suivi de la progression.

Cette perspective invite l’entreprise à examiner les conditions dans lesquelles elle demande aux personnes de réussir. Lorsque les difficultés persistent, que faut-il ajuster dans les rythmes, les interactions ou l’environnement de travail, au-delà de l’effort demandé à chacun ?

La conférence marquera également le lancement du Campus International de la Performance en Entreprise, avec l’ambition de rapprocher les connaissances du sport de haut niveau, des sciences du mouvement et du management pour construire des organisations capables de performer sans épuiser progressivement leur infrastructure humaine.

Découvrir la conférence du 29 septembre

Les 25 septembre et 9 octobre : faire de la récupération une expérience

Comprendre ces enjeux est une première étape. Les ressentir permet de construire d’autres repères.

Nous abordions déjà cette différence dans notre article de juin consacré à une question : pourquoi comprendre ne suffit-il pas toujours pour changer ? Savoir que l’on devrait relâcher la pression ne permet pas nécessairement de reconnaître comment y parvenir.

Les 25 septembre et 9 octobre 2026, à Thalazur Cabourg, lors d’une demi-journée, nous explorerons les préférences motrices, des pratiques corporelles de relâchement et les tremblements neurogéniques dans un cadre accompagné, avant un temps d’intégration dans l’espace marin.

L’objectif est de mieux reconnaître ses tensions, d’explorer ce qui aide à les relâcher et de repartir avec des repères utilisables au quotidien. L’expérience reste personnelle et les ressentis peuvent varier.

Pour un dirigeant ou un manager, cette attention à soi concerne aussi la relation aux autres : la disponibilité avec laquelle on écoute, la manière de traverser un désaccord ou le rythme que l’on imprime au collectif.

Une demi-journée ne transforme pas à elle seule une organisation. Elle peut toutefois amorcer un apprentissage que l’on choisira ensuite de prolonger dans sa manière de travailler.

Découvrir le stage Reset & Régénération

Peut-être que réussir sa rentrée ne consiste finalement pas seulement à revenir avec les batteries pleines, mais à apprendre à les recharger avant d’attendre les prochaines vacances.

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© Estelle Chauvey pour les photos des auteurs